Entretien avec Jocelyne Bonnemoy

Si la Médiathèque entre Dore et Allier peut proposer ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale, c’est avant tout par ce que des personnes ont répondu à l’appel, et ont proposé leurs souvenirs familiaux. Entretien avec l’un d’eux.


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Pension perçue par Antoine Bonnemoy, pére de Henri Bonnemoy, après la mort de son fils au front.
(collection personnelle)

Quels documents avez-vous prêtés à la médiathèque entre Dore et Allier ? Quels liens de parenté avez-vous avec ces documents ?

A l’origine c’est une boîte où il y avait environ 100 lettres, qui ont toujours été dans l’armoire de ma famille. Henri Bonnemoy est le fils de mon grand-père et de sa première femme, qui est morte de chagrin à la suite de la disparition de son fils. Mon grand-père s’est remarié et a eu mon père. Il écrivait à ses parents à Moëras, commune de Peschadoires, depuis le front.

Comment ces documents sont-ils arrivés en votre possession ?

Mon grand-père avait tout gardé précieusement dans son armoire en souvenir de son fils. Tout était bien conservé dans un coffre, avec tous les documents officiels de la mobilisation, de la découverte du corps, de la pension.

Pourquoi avoir réalisé ce travail de transcription et d’enrichissement ?

Mon mari et moi lisions ces lettres de temps en temps mais sans jamais travailler autour. C’est mon mari qui les a reprises et a eu l’intelligence de mettre en parallèle ce que Henri Bonnemoy écrit et le contexte général, pour que la petite histoire fasse parler la Grande Histoire. Ce travail a pris deux ans.

Pourquoi avez-vous répondu à l’appel de la Médiathèque entre Dore et Allier sur la collecte de courrier de soldats ?

Pour que l’histoire de la première Guerre Mondiale soit quelque chose de local, quelque chose qui parle au gens. Nous avons été impressionné par ce qu’a fait la médiathèque en octobre 2018 autour de la Première Guerre Mondiale, et par son investissement local.

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

La Première Guerre Mondiale est pour moi une guerre sans cause, ou alors une guerre aux causes inexplicables, qui n’aurait pas dû avoir lieu. Cette guerre est d’autant plus choquante par rapport aux mouvements pacifistes qui ont lieu juste avant.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

Un message pacifiste, qu’il ne faudrait mener aucune guerre.

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Courrier attribuant la Croix de guerre à Henri Bonnemoy après sa mort au front
(collection personnelle)

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Croix de guerre attribuée posthumement à Henri Bonnemoy
(collection personnelle)


L’ensemble de la correspondance d’Henri Bonnemoy

[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 3 mars 1914, vue combinée]
BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.

Réserver le document sur le site de la Médiathèque entre Dore et Allier

Entretien avec Jean-Christophe Lacas

Ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale proposé par la Médiathèque entre Dore et Allier s’inscrit dans son projet d’établissement et continue des initiatives précédentes de la Médiathèque. Entretien avec le directeur Jean-Christophe Lacas.


Flyer collecte de courrier de la Première Guerre Mondiale

Pourquoi organiser une collecte de courriers de guerre de la Première Guerre Mondiale et un cycle d’animations autour de ceux-ci à la Médiathèque Entre Dore et Allier ?

Tout d’abord, il s’agissait une période d’anniversaire, avec le centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918. Puis c’était à l’image de ce qui se passait sur le territoire, la commune de Saint-Jean d’Heurs ayant pris les devants avec « La maison qui parle ». Après le rachat d’une maison par la commune, il a été découvert des documents qui retracent la Première Guerre Mondiale, la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre d’Algérie. Il en a été fait une musée-maison mettant en lumière les documents et les objets trouvés. La commune avait proposé d’exposer ce travail dans le hall de la Médiathèque, ce qui a déclenché l’idée chez les agents de mener un travail similaire et de chercher les documents de la Grande Guerre présents sur le territoire. Nous avons donc lancé un appel à contribution qui a plutôt bien fonctionné, et qui a été présenté lors de l’inauguration de l’exposition des objets de « La maison qui parle ».

Pourquoi avoir fait appel aux habitants ?

Nous avons fait appel aux habitants d’une part par ce que cela fait partie du principe de fonctionnement du bâtiment et de la Médiathèque et que cela est au cœur du projet de l’établissement, qui part du principe qu’il peut y avoir une proposition de la collectivité et des bibliothécaires, une offre culturelle, une offre documentaire, mais il y a aussi et surtout une richesse locale, une richesse du territoire, qui est physique et morale. Morale du fait des savoir-faire, qu’on recense, qu’on invite à partager. Physique par ce que nous invitons également les habitants à communiquer la ressource livresque qui existe sur ce territoire, pour éventuellement l’intégrer à la proposition de la Médiathèque et de son réseau.

Pourquoi avez-vous souhaité suivre cette collecte s’une valorisation et d’une diffusion numérique ?

Là aussi, il y a dans le projet culturel depuis le début l’idée de constituer petit à petit une bibliothèque numérique des ressources et savoir-faire du territoire, qui pourrait éventuellement être rematérialisée plus tard en livres, qui pourraient intégrer les fonds physiques de la Médiathèque. C’est toujours dans cette idée de captation de la richesse locale. Pour ce travail autour de la Première Guerre Mondiale, les documents se prêtaient naturellement à la numérisation, et il y avait une réelle pertinence à les valoriser de cette manière.

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

Peu de chose personnellement, si ce n’est l’imagerie populaire du poilu, de la correspondance entre les soldats et la famille. C’est un devoir de mémoire, même si pense que cela va au-delà et qu’il faudrait parler d’obligation de mémoire, pour que l’on n’oublie pas ce qui s’est passé, qui s’est malheureusement répété vingt ans après.

Il y a des commémorations nationales, de grande envergure, mais je pense qu’il y a une pertinence à travailler autour de ces question-là sur le local, et sur la manière dont les médiathèques peuvent transmettre des choses, notamment avec le numérique, pour que les habitants du territoire n’oublient pas ce qui s’est passé il y a maintenant un siècle. Je pense qu’il y a une obligation non pas de conserver mais de transmettre.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

Que c’est quelque chose à ne reconduire sous aucun prétexte.

La Shoah a été une image de la guerre de 39-45 qui continue à faire parler, mais peut-être que 14-18 n’a pas eu une image aussi forte. C’est une question importante alors que les derniers poilus sont partis et que les soldats de 39-45 sont aussi sur cette voie-là. De quoi nous souviendrons-nous en 2050 quand nous parlerons de Première et Seconde Guerre Mondiale ? Encore une fois, je pense que ce n’est pas un devoir mais une obligation de mémoire.


La Médiathèque Entre Dore et Allier sur Flickr

[Carte postale vierge, vue combinée]
[Carte postale vierge, vue combinée], don de Jean-Yves Goubely
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

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Entretien avec Jean-Yves Goubely

Si la Médiathèque entre Dore et Allier peut proposer ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale, c’est avant tout par ce que des personnes ont répondu à l’appel, et ont proposé leurs souvenirs familiaux. Entretien avec l’un d’eux.


Joseph, d’août 1914 à octobre 1916, 27 mois de guerre
Joseph, d’août 1914 à octobre 1916, 27 mois de guerre par Jean-Yves GOUBELY, disponible à la Médiathèque Entre Dore et Allier

Quels documents avez-vous prêtés à la médiathèque entre Dore et Allier ? Quels liens de parenté avez-vous avec ces documents ?

Des cartes postales et autres documents de mes deux grands oncles, Jean-Marie (1893-1916) et Henri LAGAYE (1887-1917), et de mon grand-père Joseph GOUBELY (1885-1616), tous morts à la guerre. Ces documents ont servi à l’élaboration de l’ouvrage Joseph, d’août 1914 à octobre 1916, 27 mois de guerre que j’ai déposé à la Médiathèque Entre Dore et Allier.

Comment ces documents sont-ils arrivés en votre possession ?

J’ai hérité de la maison familiale de la famille Lagaye, aux Gardes, sur la commune de Fernoël (Puy-de-Dôme). Les documents étaient dans l’écurie, mais étaient encore en bon état et lisible.

Pourquoi avez-vous répondu à l’appel de la Médiathèque entre Dore et Allier sur la collecte de courrier de soldats ?

Il me semblait que ça me concernait, tout simplement, et pour enrichir ce qui était en devanture.

[Lettre de Joseph Goubely à son épouse Laurence, date inconnue, vue combinée]
[Lettre de Joseph Goubely à son épouse Laurence, date inconnue, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Vous avez retranscrit la correspondance de Joseph GOUBELY et d’Henri et Jean-Marie LAGAYE dans l’ouvrage Joseph, d’août 1914 à octobre 1916, 27 mois de guerre. Pourquoi ? Quelle somme de travail cela a-t-il représenté ?

J’estimais que c’était un devoir envers la famille, il me semblait que je ne devais pas être le seul à avoir accès à ces documents. L’autre objectif était de conserver l’histoire de ces hommes. J’ai laissé un exemplaire aux mairies de Giat et de Fernoël ainsi qu’à la Médiathèque. Ça a été un travail intermittent pendant 4 années l’hiver. C’est pour ça que les textes peuvent être traités différemment, notamment entre la première et la quatrième année. J’ai tenté de les rendre plus agréables à lire, notamment en simplifiant certaines tournures de phrases.

[Lettre de Jean-Marie Lagaye à sa sœur Laurence, 6 août 1915, vue combinée]
[Lettre de Jean-Marie Lagaye à sa sœur Laurence, 6 août 1915, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

C’est la disparition de mon grand-père et de ses deux beaux-frères. C’est aussi la galère qu’a vécue ma grand-mère à cette période, qui était seule à la maison à devoir subvenir aux besoins du foyer. Je me suis ressenti profondément antimilitariste en lisant les ordres insensés des généraux et les conditions de vie insupportables des soldats, mon grand-père écrivant qu’il devait parfois se coucher dans du fumier.

Pourquoi la commémoration de la Première Guerre Mondiale est importante, selon vous ?

Ça a été un grand sacrifice, l’hécatombe, le génocide de toute une jeunesse.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

La paix.


Documents numérisés prêtés par Jean-Yves Goubely

[Lettre de Joseph Goubely à son épouse Laurence, 29 avril 1916, vue combinée]
[Lettre de Joseph Goubely à son épouse Laurence, 29 avril 1916, vue combinée] (Joseph Goubely est à gauche)
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

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Entretien avec Annie Montagner

Si la Médiathèque entre Dore et Allier peut proposer ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale, c’est avant tout par ce que des personnes ont répondu à l’appel, et ont proposé leurs souvenirs familiaux. Entretien avec l’un d’eux.


[Lettre d'Antonin Beligat à sa famille, 9 juillet 1915, vue combinée]
Antonin Béligat et un camarade de Crevant.
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Quels documents avez-vous prêtés à la médiathèque entre Dore et Allier ? Quels liens de parenté avez-vous avec ces documents ?

Des courriers, des lettres, des cartes postales et des photos. Je n’ai pas de lien de parenté avec ces documents, ils viennent de la famille de mon mari, notamment son grand-père et ses grands oncles (Jean-Baptiste Montagner et Antoine Belligat-Corre).

Comment ces documents sont-ils arrivés en votre possession ?

Quand l’oncle de mon mari est décédé en 1988, nous les avons retrouvés dans une valise dans un grenier, au milieu de détritus. Ils allaient partir au feu comme beaucoup de chose, mais j’ai voulu les garder pour les trier. J’aime la généalogie, mais je n’avais pas le temps de le faire à ce moment-là, mais j’ai dit que je me pencherais dessus à ma retraite.

Pourquoi avez-vous répondu à l’appel de la Médiathèque entre Dore et Allier sur la collecte de courrier de soldats ?

Pour partager et continuer cette histoire, pour que les jeunes générations comprennent les parcours vécus, et faire perdurer cette mémoire.

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ? Pourquoi faut-il s’en souvenir ?

Je m’en souviens d’autant plus que mon grand-père est mort à la guerre, et que jusqu’à l’année dernière je n’avais aucune photo. Je n’en ai parlé que très peu avec mon père, qui avait alors 6 ans. C’était un sujet tabou. Ma mère est à l’origine lyonnaise mais a dû se déplacer à cause de la guerre, et mes parents se sont rencontrés à La Vernelle, un petit hameau de Culhat.

[Lettre à Jean-Baptiste Montagner, 26 mai 1916, vue combinée]
Puy-de-Dôme. Lezoux. Château de Fontenille.
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Ma grand-mère paternelle a donc été veuve très jeune, mais je ne sais pas ce qui est advenu des affaires de son mari, qu’elle a dû donner à des personnes de Culhat. Du côté de ma mère, je sais qu’il y a des sources à Lyon mais je n’ai pas encore eu le temps de chercher.

Quand une de mes tantes, à qui j’avais demandé plusieurs fois sans succès des photos de mon grand-père, est décédée, son fils m’a donnée quelques photos qu’il avait trouvé, ce qui m’a enfin permis de mettre un visage sur mon grand-père. Cela me paraît donc important de diffuser ces informations, car quelqu’un peut être à la recherche d’informations sur un aïeul.

Pourquoi la commémoration de la Première Guerre Mondiale est importante, selon vous ?

Pour nous rappeler de l’importance de la paix.


Documents numérisés prêtés par Annie Montagner

[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 3 mars 1914, vue combinée]
[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 3 mars 1914, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

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Entretien avec Philippe Marmy

Si la Médiathèque entre Dore et Allier peut proposer ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale, c’est avant tout par ce que des personnes ont répondu à l’appel, et ont proposé leurs souvenirs familiaux. Entretien avec l’un d’eux.


[[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 27 avril 1916, vue combinée]
[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 27 avril 1916, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Quels documents avez-vous prêtés à la médiathèque entre Dore et Allier ? Quels liens de parenté avez-vous avec ces documents ?

Un lot de 150 et quelques photos et cartes postales. C’est un lien de parenté indirect, par alliance, entre quelqu’un de la famille Pinet, Jeanne Pinet, et un de mes grands-oncles du village d’Orléat. Je n’ai donc pas de parenté direct avec Joseph Pinet, mais il reste des Pinet à Moissat notamment, qui sont de lointains parents.

Pourquoi avez-vous répondu à l’appel de la Médiathèque entre Dore et Allier sur la collecte de courrier de soldats ?

C’est bien naturel, ces cartes postales ne feraient rien autrement et resteraient à dormir dans le grenier où elles étaient, ou seraient allées aux archives départementales. Il y a deux intérêts à ces cartes, la correspondance et ce qui a été censuré.

[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 15 janvier 1918, vue combinée]
[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 15 janvier 1918, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

La Première Guerre Mondiale c’est un souvenir d’enfance, celui de mon grand-père maternel Pierre Marmy, né et mort à Peschadoires, blessé en 1915 sur le Chemin des Dames, qui n’a jamais voulu parler de la guerre à ses enfants et petits-enfants, n’a jamais porté de médaille et n’a jamais assisté à un défilé du 11 novembre. J’ai toujours été impressionné par son silence quand certains racontaient leurs « epopées sauvages » où ils avaient « tué du boche ». J’ai appris plus tard ce qu’il a vécu, je viens de retrouver un document militaire de 1915.

C’est également le décès d’un arrière-grand-père maternel, originaire des Fiats et tué en 1918. Je ne l’ai pas connu, mais ma grand-mère a vécu toute sa vie en noir, ne s’est jamais remariée, et a vécu dans le souvenir de son mari.

Pourquoi la commémoration de la Première Guerre Mondiale est importante, selon vous ?

Je pense que ça a été une grande boucherie où l’on a envoyé à la mort tout un tas de gens qui n’y étaient pour rien, ça devait être « la Der des Ders » mais il y en a eu d’autres après, et c’est une guerre qui a laissé des traces dans toutes les familles et dans les paysages, et pas que sur les lieux de combats mais également ici, sur le canton de Lezoux. Sur Peschadoires, par exemple, c’est pendant la guerre que les protections des prés, les digues des ruisseaux ont débordé et que le paysage de nos petits territoires a été modifié.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

Un grand gâchis, une grande boucherie et beaucoup de souffrances qui ont durées jusqu’à la mort des familles qui ont vécu ça de près.

Mon grand-père disait que la paix viendrait quand la France et l’Allemagne s’entendraient, ce qu’a été l’Union Européenne.


Documents numérisés prêtés par Philippe Marmy

[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 3 mars 1914, vue combinée]
[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 3 mars 1914, vue combinée]
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

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