Entretien avec Jean-Christophe Lacas

Ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale proposé par la Médiathèque entre Dore et Allier s’inscrit dans son projet d’établissement et continue des initiatives précédentes de la Médiathèque. Entretien avec le directeur Jean-Christophe Lacas.


Flyer collecte de courrier de la Première Guerre Mondiale

Pourquoi organiser une collecte de courriers de guerre de la Première Guerre Mondiale et un cycle d’animations autour de ceux-ci à la Médiathèque Entre Dore et Allier ?

Tout d’abord, il s’agissait une période d’anniversaire, avec le centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918. Puis c’était à l’image de ce qui se passait sur le territoire, la commune de Saint-Jean d’Heurs ayant pris les devants avec « La maison qui parle ». Après le rachat d’une maison par la commune, il a été découvert des documents qui retracent la Première Guerre Mondiale, la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre d’Algérie. Il en a été fait une musée-maison mettant en lumière les documents et les objets trouvés. La commune avait proposé d’exposer ce travail dans le hall de la Médiathèque, ce qui a déclenché l’idée chez les agents de mener un travail similaire et de chercher les documents de la Grande Guerre présents sur le territoire. Nous avons donc lancé un appel à contribution qui a plutôt bien fonctionné, et qui a été présenté lors de l’inauguration de l’exposition des objets de « La maison qui parle ».

Pourquoi avoir fait appel aux habitants ?

Nous avons fait appel aux habitants d’une part par ce que cela fait partie du principe de fonctionnement du bâtiment et de la Médiathèque et que cela est au cœur du projet de l’établissement, qui part du principe qu’il peut y avoir une proposition de la collectivité et des bibliothécaires, une offre culturelle, une offre documentaire, mais il y a aussi et surtout une richesse locale, une richesse du territoire, qui est physique et morale. Morale du fait des savoir-faire, qu’on recense, qu’on invite à partager. Physique par ce que nous invitons également les habitants à communiquer la ressource livresque qui existe sur ce territoire, pour éventuellement l’intégrer à la proposition de la Médiathèque et de son réseau.

Pourquoi avez-vous souhaité suivre cette collecte s’une valorisation et d’une diffusion numérique ?

Là aussi, il y a dans le projet culturel depuis le début l’idée de constituer petit à petit une bibliothèque numérique des ressources et savoir-faire du territoire, qui pourrait éventuellement être rematérialisée plus tard en livres, qui pourraient intégrer les fonds physiques de la Médiathèque. C’est toujours dans cette idée de captation de la richesse locale. Pour ce travail autour de la Première Guerre Mondiale, les documents se prêtaient naturellement à la numérisation, et il y avait une réelle pertinence à les valoriser de cette manière.

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

Peu de chose personnellement, si ce n’est l’imagerie populaire du poilu, de la correspondance entre les soldats et la famille. C’est un devoir de mémoire, même si pense que cela va au-delà et qu’il faudrait parler d’obligation de mémoire, pour que l’on n’oublie pas ce qui s’est passé, qui s’est malheureusement répété vingt ans après.

Il y a des commémorations nationales, de grande envergure, mais je pense qu’il y a une pertinence à travailler autour de ces question-là sur le local, et sur la manière dont les médiathèques peuvent transmettre des choses, notamment avec le numérique, pour que les habitants du territoire n’oublient pas ce qui s’est passé il y a maintenant un siècle. Je pense qu’il y a une obligation non pas de conserver mais de transmettre.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

Que c’est quelque chose à ne reconduire sous aucun prétexte.

La Shoah a été une image de la guerre de 39-45 qui continue à faire parler, mais peut-être que 14-18 n’a pas eu une image aussi forte. C’est une question importante alors que les derniers poilus sont partis et que les soldats de 39-45 sont aussi sur cette voie-là. De quoi nous souviendrons-nous en 2050 quand nous parlerons de Première et Seconde Guerre Mondiale ? Encore une fois, je pense que ce n’est pas un devoir mais une obligation de mémoire.


La Médiathèque Entre Dore et Allier sur Flickr

[Carte postale vierge, vue combinée]
[Carte postale vierge, vue combinée], don de Jean-Yves Goubely
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Ouvrir le lien dans un nouvel onglet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s