30 septembre 1915, avis de décès, Fortin de Beauséjour


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


Portrait d'Henri Bonnemoy
Photo encadrée accrochée dans une des chambres de la maison familiale de Peschadoires1
(memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/Ministère des Armées)


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Avis de disparition2 de Henri Bonnemoy, 30 septembre 1915
(collection personnelle)


« La puissante offensive française du 25 septembre 1915, qui eut un succès limité… »3

« Bataille de Champagne : du 25 septembre au 15 octobre 1915 : Tués, disparus, prisonniers : 81 509. Blessés : 98 305. »4

« En octobre 1915 enfin, après plus de trois cents assauts infructueux, les fantassins français enlèvent les Tranchées Grises et Blanches. Cent cinquante mille morts pour mille mètres de front !…Cette « offensive d’automne »…fut un affreux échec malgré le petit gain de terrain qui provoqua un instant des espoirs démesurés. »5

La Main de Massiges
La Main de Massiges
(gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)


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Plaque d’identification retrouvée avec la dépouille d’Henri Bonnemoy
(collection personnelle)

La croix de Guerre est attribuée à Henri Bonnemoy en juin 1923.

Son corps est découvert en Champagne en octobre 1935 et identifié grâce à sa plaque. Initialement inhumé au cimetière national de la Ferme de Suippes (Marne), sa dépouille est transférée aux frais de l’état à Peschadoires en décembre 1935.

Henri Bonnemoy est aujourd’hui inhumé dans le cimetière de Peschadoires. Son nom et celui de 44 autres soldats morts pendant la Grande Guerre est inscrit sur le Monument aux morts de ce village de 1139 habitants en 1911.

ANGLADE Annet AYMARD Antoine BALICHARD Francisque
BARGE Jules BATISSE Antoine BATISSE François
BESSET Camille BOISE Vincent BONNEMOY Henri
BRASSET Antoine BRASSET Jean CHABROL Benoît
CHAIZE Blaise CHOUVEL Alexandre DECOMBAS Joseph
DELAFOULHOUZE Jean DELAIGUE Auguste DELAIRE Jean
DESPALLE François DOUROUX Francisque FAUCHER Pierre
FAYE Louis GARDY Jean-Maurice GOTON Joseph
GOUILLOUX Annet LACOUR Henri MAUBERT Antoine
MAYET Michel MYE Michel OGHEARD Jean
PAPUT Maurice PIRAIRE Jules PIRIN Eugène
POINTU Pierre POUZET Antoine-Marie PUIFOULHOUX Antoine
ROCHON Jean-Baptiste SARRE Antonin SIAURAT Marcel
SOULHIER Pierre TARAGNAT Michel THIALLIER Louis
TOURENNE Alexandre VIALLON Jean-Baptiste

1 Il ne peut s’agir que de Henri Bonnemoy. Pourtant, la date de la photo « artistique » (1921) et le chiffre 44 sur le collet, qui ne correspond à aucun de ses régiments, ont posé quelques questions non résolues.

2 Pour déclarer un décès, il fallait l’attestation de 2 témoins, faute de quoi le soldat était déclaré disparu, le doute qu’il soit prisonnier subsistant jusqu’à la fin de la guerre.

3 Marne 14-18, Centre d’Interprétation, Sur les pas des armées de Champagne.

4 Jean-Pierre Verney, Putain de guerre ! (Tardi – Verney), Casterman, 2008.

5 Louis Guiral, « Je les grignote… » Champagne 1914-1915, Hachette, 1965 (4e de couverture). Offensive détaillée et analysée ici heure par heure.


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

Trajet de Henri Bonnemoy

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21 septembre 1915, Marson


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


[19 septembre : situation initiale : comme le stationnement du 18 soir. Occupation du secteur J : 2e bataillon en 1re ligne avec C.M. – 1er et 3e bataillons en réserve aux abris de la borne 16 (ravin de Marson). Même stationnement pour les autres éléments. Pertes du 19 septembre : 1 tué.
20 septembre : occupation du secteur comme le 19 – pertes du 20 : 3 tués – 14 blessés.
21 septembre : occupation du secteur comme le 20 – pertes : 1 tué – 2 blessés.]

Le 21 septembre

Chers parents

[Lettre de Joseph Pinet à sa famille, 21 janvier 1918, vue combinée]
Ernest Gabard. Le travail de nuit.
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Hier je vous ai fait une carte pour vous annoncer que j’avais reçu votre lettre du 16 avec le mandat qu’elle avait.

Aujourd’hui, comme tout travail je viens de faire une manille, il faut vous dire qu’on a creusé la nuit et le jour on se repose, mais on ne dort que quelques heures le matin quand c’est comme ça, la soirée on n’a pas sommeil, on joue, on cause, on écrit, on fume, on trouve toujours moyen de passer le temps sans trop s’ennuyer et nous avons passé quelques jours assez calmes malgré quelques obus qu’on entend partir un peu de tous les côtés, mais dans les tranchées, on est habitué à cela, on est assez à l’abri, il y a des endroits plus en arrière beaucoup plus exposés car les canons portent loin de part et d’autre.

Grâce à Dieu, les camarades du pays et moi sommes tous en bonne santé et il faut croire que Dieu donne partout la grâce d’état car ici on se porte bien et on se trouve pas mal tandis que dans le civil si on menait une vie comme ça, il y en a la moitié qui tiendrait pas quinze jours sans maladie.

Puis je crois que la guerre donne bonne humeur et bon moral, le soldat pourra faire quelque fourbi comme boire un quart de plus à l’escouade quand on touche le jus ou chiper un litre dans un patelin, mais dans ceux qui vont en tranchée aucun ne prendrait rien à son voisin de ses affaires personnelles.

Puis l’idée de la mort donne à certains des croyances qu’ils avaient oubliées. Et la plupart des plus blagueurs qui vous disent qu’ils ne croient à rien portent tranquillement quelque médaille sur leur chemise.

Chers parents, je vois rien de plus à vous dire pour le moment.

Vous êtes sans doute toujours bien occupés à vos travaux, n’en semez pas trop grand, vous tarderez peut-être pas beaucoup à vendanger mais je n’irai goûter le vin que quand il sera clair.

Bonjour à tout le monde au pays, à la Favier et à sa jeune fille.

Votre fils qui vous embrasse.

Henri Bonnemoy


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

De Marson au Fortin de Beauséjour

Trajet 10 - De Marson au Fortin de Beauséjour

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28 septembre 1915, Hans, dernière lettre


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


Le 28 septembre

Chers parents

Je viens de voir bien des choses que je n’avais pas encore vues. Mais dans tout ce danger Dieu m’a protégé. J’ai vu les Allemands de près et entendu siffler leurs balles de près, mon guidon de fusil a été cassé, je n’ai pas eu de mal et nous, nous occupons leurs tranchées après les avoir affrontés en pleine campagne.

Donc ayez confiance, la Sainte Vierge et le Sacré-Cœur veillent sur nous.

Après cette lutte qui se terminera peut-être plus tôt qu’on croit, j’ai l’espoir de vous retrouver en bonne santé.

Votre fils qui vous embrasse,

Bonnemoy Henri


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

De Marson au Fortin de Beauséjour

Trajet 10 - De Marson au Fortin de Beauséjour

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24 septembre 1915, Hans


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


[24 septembre :situation initiale : 1er et 3e bataillons au cantonnement à Hans. En vue de l’attaque du 25 septembre, le régiment en réserve de division va occuper les emplacements suivants : le bataillon Krafft (1er bataillon) quitte Hans à 29 h 15 et se porte derrière la 78e brigade dans les tranchées Z et U – PAJ2 et PAJ4.]

Chers parents

[Lettre d'Antoine Chadeyras à son épouse Maria, 28 avril 1915, vue combinée]
Gloire et Honneur à nos vaillants défenseurs.
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Je profite d’un moment pour vous faire ces mots.

Je vous dirai que je ne suis plus avec Borie, il vient de partir aujourd’hui pour aller avec les voitures, je crois c’est pas mauvais, il aura moins de peine sans doute. Celui qui est dans cette petite photo que je vous ai fait passer vient d’être évacué pour les oreillons, il aura du repos quelques jours. Je suis toujours avec Barrier des Baraques. Quant à Bauffety et Charvoin, ils sont toujours à la section voisine, on se voit souvent.

Toujours en bonne santé. Je vous embrasse en attendant que je puisse vous revoir à Moëras en bonne santé.

Votre fils, Bonnemoy Henri


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

De Marson au Fortin de Beauséjour

Trajet 10 - De Marson au Fortin de Beauséjour

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23 septembre 1915, Hans


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


[22 septembre : occupation du secteur comme le 21 – pertes : 1 tué – 15 blessés.
23 septembre : situation initiale : occupation du secteur comme le 22. Relève du 156e par le 160e.
Stationnement du 23 : 1er et 3e : Hans.]

Le 23 septembre

Chers parents

Nous voici en dehors des tranchées encore une fois pour y retourner de nouveau dans quelques jours, c’est ainsi dans ce métier.

Aujourd’hui nous avons trouvé des épiceries près d’où nous sommes. Nous en avons profité pour nous munir un peu, nous avons trouvé du fromage, du beurre, des conserves, du chocolat, il y a aussi du vin mais c’est au plus débrouillard, quand les demi-muids1 arrivent ils sont vides avant les décharger.

Je suis en bonne santé pour le moment et j’espère que vous êtes de même.

En attendant la joie de nous revoir, je vous embrasse.

Bonnemoy Henri

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Abri derrière la « Main de Massigès » : [photographie de presse] / Agence Meurisse
(gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)


1 Muid : ancienne mesure, de valeur variable suivant les régions.


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

De Marson au Fortin de Beauséjour

Trajet 10 - De Marson au Fortin de Beauséjour

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18 septembre 1915, Marson


Transcription par Jocelyne Bonnemoy et Christian Pons.

BONNEMOY, Jocelyne, PONS, Christian. Lettres de guerre : décembre 1914 – septembre 1915 de Henri Bonnemoy. Peschadoires : auto-édition, 2012, 158p.


[18 septembre. Situation initiale : E.M., 3e bataillon aux baraques NE de Somme-Bionne, C.R. au bivouac bois Sud Ouest de Somme-Bionne – 1er bataillon aux abris de Wargemoulin. Relève du 160e par le 156e, au secteur J, dans la nuit du 18 au 19 septembre…(…)… Le 1er bataillon1 quitte Wargemoulin à 20 h et va s’installer aux abris du ravin de Marson (borne 16) et occupe la partie ouest. Pertes : 3 blessés.
19 septembre : situation initiale : comme le stationnement du 18 soir. Occupation du secteur J : 2e bataillon en 1re ligne avec C.M. – 1er et 3e bataillons en réserve aux abris de la borne 16 (ravin de Marson). Même stationnement pour les autres éléments. Pertes du 19 septembre : 1 tué.
20 septembre : occupation du secteur comme le 20 – pertes du 20 : 3 tués – 14 blessés.

Samedi 18 septembre (carte)

Chers parents

[Lettre de Berthe Jacquet à Marie Riberolles, date inconnue, vue combinée]
Guerre de 1914. Reuves (Marne) – Intérieur de l’Église après le bombardement des 6 et 8 septembre (vue de l’entrée).
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

Je réponds à votre lettre et à votre colis que j’ai reçus avant-hier soir. Je suis toujours en bonne santé pour le moment et je pense que vous êtes de même.

Les Boches nous tiennent éveillés par leurs obus et leurs feux d’artifices la nuit car ces temps nous avons travaillé des fois pas bien loin d’eux mais jusqu’à présent ils n’ont pas été bien mauvais pour nous.

En attendant de vous revoir, je vous embrasse.

Votre fils,

Bonnemoy Henri


Samedi 18 septembre (lettre)

Chers parents

En même temps que ma lettre je vous ai fait une carte, vous me dites qu’elles arrivent avant les lettres. J’ai reçu votre lettre et votre colis avant-hier soir, mais hier j’avais travaillé la nuit, j’ai dormi toute la journée, j’ai même pas pris le temps de vous faire deux mots, aussi aujourd’hui je vous en fais deux. Le colis que vous m’avez envoyé est arrivé en assez bon état mais comme il fait chaud le jambon avait sué et ça m’étonne qu’on l’ait pas barboté en route car quand ça sent bon il y en a toujours quelque colis qui s’égare. Nous en avons mangé un bout ce matin mais ce n’est pas la peine d’envoyer tout votre jambon nous touchons assez de viande même que ces jours il fait chaud je préfère les légumes.

Si vous voulez m’envoyer quelque chose, je m’en vais vous dire mon idée. Comme il y a longtemps que je n’ai pas goûté de beurre il me semble que j’en mangerais avec plaisir. Voici ce que je pense, si vous aviez une boîte en fer, comme les colis m’arrivent en trois ou quatre jours, je pense qu’il serait encore frais, si vous voulez y mettre un bout de fromage, c’est à peu près tout ou bien une tablette de chocolat car nous sommes dans un endroit où l’on reste des fois quelques jours sans pouvoir en trouver.

Peut-être quand vous me l’enverrez, nous aurons peut-être changé de place et nous serons dans un endroit où l’on trouve tout car dans ce métier ça change vite. Puis une chose qui nous manque parfois, si vous voulez le mettre au colis, c’est un jeu de cartes, pour trente sous vous en serez quittes et nous en faisons de bonnes parties. Vous pouvez mettre aussi une pelote de fil blanc ou noir ça fait rien, je pense qu’avec ça je serai remonté pour quelque temps, du linge j’en ai assez.

Peut-être nous resterons par là quelque temps, on se déplace, on va aux tranchées quelques jours, ensuite en arrière on va faire des travaux, puis on retourne aux tranchées. Sans doute on fera ça plusieurs fois de suite. Mais il faut espérer grâce à Dieu que ce temps passera sans malheur et que nous en verrons tout de même la fin.

Je termine en vous embrassant

Votre fils

Bonnemoy Henri

Une partie de cartes dans une tranchée : [photographie de presse] / Agence Meurisse
Une partie de cartes dans une tranchée : [photographie de presse] / Agence Meurisse
(gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)


1 D’après la composition des armées et les éléments du 20 août qui le confirment, Henri Bonnemoy serait dans le 1er bataillon, c’est celui-ci qui sera suivi dans les jours suivants dans les extraits des J.M.O.


Carte des déplacements d’Henri Bonnemoy

Du chemin de Somme-Tourbe à Marson

Trajet 9 - Du chemin de Somme-Tourbe à Marson

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Entretien avec Jean-Christophe Lacas

Ce cycle autour de la Première Guerre Mondiale proposé par la Médiathèque entre Dore et Allier s’inscrit dans son projet d’établissement et continue des initiatives précédentes de la Médiathèque. Entretien avec le directeur Jean-Christophe Lacas.


Flyer collecte de courrier de la Première Guerre Mondiale

Pourquoi organiser une collecte de courriers de guerre de la Première Guerre Mondiale et un cycle d’animations autour de ceux-ci à la Médiathèque Entre Dore et Allier ?

Tout d’abord, il s’agissait une période d’anniversaire, avec le centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918. Puis c’était à l’image de ce qui se passait sur le territoire, la commune de Saint-Jean d’Heurs ayant pris les devants avec « La maison qui parle ». Après le rachat d’une maison par la commune, il a été découvert des documents qui retracent la Première Guerre Mondiale, la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre d’Algérie. Il en a été fait une musée-maison mettant en lumière les documents et les objets trouvés. La commune avait proposé d’exposer ce travail dans le hall de la Médiathèque, ce qui a déclenché l’idée chez les agents de mener un travail similaire et de chercher les documents de la Grande Guerre présents sur le territoire. Nous avons donc lancé un appel à contribution qui a plutôt bien fonctionné, et qui a été présenté lors de l’inauguration de l’exposition des objets de « La maison qui parle ».

Pourquoi avoir fait appel aux habitants ?

Nous avons fait appel aux habitants d’une part par ce que cela fait partie du principe de fonctionnement du bâtiment et de la Médiathèque et que cela est au cœur du projet de l’établissement, qui part du principe qu’il peut y avoir une proposition de la collectivité et des bibliothécaires, une offre culturelle, une offre documentaire, mais il y a aussi et surtout une richesse locale, une richesse du territoire, qui est physique et morale. Morale du fait des savoir-faire, qu’on recense, qu’on invite à partager. Physique par ce que nous invitons également les habitants à communiquer la ressource livresque qui existe sur ce territoire, pour éventuellement l’intégrer à la proposition de la Médiathèque et de son réseau.

Pourquoi avez-vous souhaité suivre cette collecte s’une valorisation et d’une diffusion numérique ?

Là aussi, il y a dans le projet culturel depuis le début l’idée de constituer petit à petit une bibliothèque numérique des ressources et savoir-faire du territoire, qui pourrait éventuellement être rematérialisée plus tard en livres, qui pourraient intégrer les fonds physiques de la Médiathèque. C’est toujours dans cette idée de captation de la richesse locale. Pour ce travail autour de la Première Guerre Mondiale, les documents se prêtaient naturellement à la numérisation, et il y avait une réelle pertinence à les valoriser de cette manière.

Qu’est-ce que c’est pour vous, la Première Guerre Mondiale ?

Peu de chose personnellement, si ce n’est l’imagerie populaire du poilu, de la correspondance entre les soldats et la famille. C’est un devoir de mémoire, même si pense que cela va au-delà et qu’il faudrait parler d’obligation de mémoire, pour que l’on n’oublie pas ce qui s’est passé, qui s’est malheureusement répété vingt ans après.

Il y a des commémorations nationales, de grande envergure, mais je pense qu’il y a une pertinence à travailler autour de ces question-là sur le local, et sur la manière dont les médiathèques peuvent transmettre des choses, notamment avec le numérique, pour que les habitants du territoire n’oublient pas ce qui s’est passé il y a maintenant un siècle. Je pense qu’il y a une obligation non pas de conserver mais de transmettre.

Que devrait être la commémoration de la Première Guerre Mondiale, selon vous ?

Que c’est quelque chose à ne reconduire sous aucun prétexte.

La Shoah a été une image de la guerre de 39-45 qui continue à faire parler, mais peut-être que 14-18 n’a pas eu une image aussi forte. C’est une question importante alors que les derniers poilus sont partis et que les soldats de 39-45 sont aussi sur cette voie-là. De quoi nous souviendrons-nous en 2050 quand nous parlerons de Première et Seconde Guerre Mondiale ? Encore une fois, je pense que ce n’est pas un devoir mais une obligation de mémoire.


La Médiathèque Entre Dore et Allier sur Flickr

[Carte postale vierge, vue combinée]
[Carte postale vierge, vue combinée], don de Jean-Yves Goubely
(flickr.com/Médiathèque entre Dore et Allier)

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